Pourquoi je me suis lancé dans le coaching alors que je ne supportais plus les gens

Dans mon parcours, en 2019, j’ai rencontré Brigitte (nom d’emprunt), responsable d’un centre CREAVES (Centre de revalidation des espèces animales vivant à l’état sauvage).

J’en étais à un point de ma vie où je n’en pouvais plus d’être assis derrière un bureau à faire de la comptabilité. Ça n’avait plus de sens. Ça m’ennuyait profondément depuis plusieurs années. Ça me gonflait de plus en plus, les gens me gonflaient de plus en plus. Tel un ballon de baudruche, à force de gonfler, l’explosion n’était qu’une question de temps.

Rupture

Si je dois vous donner une image de mon état d’esprit c’est celle-ci : imaginez quelqu’un assis à son bureau. Imaginez que cette personne se lève, prends son bureau, retourne absolument tout, bureau compris, se casse et ne revient pas. Ben voilà ce que j’avais envie de faire.

Ajoutez à ça ce que j’entendais des clients :
💬 Je paye trop d’impôt oin oin
💬 Je paye trop de TVA oin oin
💬 Je paye trop d’honoraires comptable oin oin
💬 Je peux faire passer la PS5 sur la société ? On dira que c’est pour des relations clients ou cadeaux ?
💬 Je ne comprends pas pourquoi vous me demandez ça, je vous l’ai déjà donné (quand un document manquait)
➡ ce à quoi j’avais furieusement envie de répondre « Oui mais je l’ai mangé ». Je l’ai d’ailleurs répondu une fois…

Rentabilité 🤮
Performance 🤮

Le tout dans un environnement de travail où on parle d’optimisation fiscale, de flou législatif, de société de management… Pro ou perso nous n’avions ni les mêmes centres d’intérêts ni les mêmes préoccupations. Idem avec les clients.

Un décalage complet. Rien pour m’accrocher sauf une collègue… Je n’en pouvais vraiment plus des gens. Et ça faisait des années que ça s’accumulait !

(L’image de lapin c’est parce qu’on parlait entre autres de ses lapins, mes neveux. Ainsi vous saurez tout).

Un jour en allant au travail en vélo, je trouve une corneille blessée sur le bord de la route. Deux solutions : soit je poursuis ma route, soit je lui viens en aide.

J’ai donc fait demi-tour, récupéré ma voiture et un carton pour la mettre dedans. De retour à la maison je contacte des vétérinaires qui ne « peuvent » pas la prendre car c’est un animal sauvage et je dois contacter un centre CREAVES. Je ne connaissais absolument pas.

Je prends contact et vais déposer l’animal. L’animal ne s’en sort malheureusement pas. Je me renseigne sur ce centre et fais finalement la rencontre de Brigitte (la responsable du centre). Je deviens bénévole au centre pendant mes congés cet été là. On sympathise avec Brigitte. Je lui parle un peu de ma situation, mon état d’esprit et un « je n’en PEUX-PLUS des gens » fini par sortir.

Elle me dit qu’elle comprend et qu’elle s’est retrouvée dans une situation similaire et c’est pour cette raison qu’elle a suivi une formation à distance en soins animaliers et qu’elle est maintenant responsable du centre.

Avec cette formation, j’y ai vu une belle porte de sortie pour moi. Après quelques hésitations (parce que la formation n’était pas donnée), je m’inscris et commence ce parcours. J’en profite aussi pour être stagiaire au sein d’un parc animalier et stagiaire assistant vétérinaire rural 🐄

J’avais ENFIN pris de la distance avec l’espèce humaine qui me gonflait ++.

Je respirais enfin ! J’étais dehors, en activité, en mouvement !

Je pouvais enfin retrouver du sens, revenir à la base, aux sources : la vie et à plus de simplicité, authenticité.

À ce moment-là nous sommes en 2019-2020 mais en 2023 ma psy me confirmera que bien sûr que je me suis senti à ma place dans ce milieu ! Parce que mon côté hypersensible a besoin d’authenticité et que cette authenticité est plus présente chez les animaux que chez les humains. C’est en quelque sorte plus « simple » à décrypter, sans « manipulation ».

Dans tous les cas cette période a au moins permis de calmer un peu ce « ras-le-bol » des contacts humains. Au moins, l’alimenter de manière plus modérée. L’accumulation était tellement élevée qu’il m’a fallu du temps pour redescendre.

Réconciliation

À côté de ça, j’ai aussi fini par faire la part des choses et compris plusieurs choses.

J’en étais arrivé à un point où je ne me comprenais plus moi-même et du coup je n’arrivais plus à fonctionner avec les autres non plus. J’ai en pilote automatique. En mode survie.

Et vu que j’étais dans un environnement qui ne me correspondait plus… La majorité « des gens » que je côtoyais étaient dans une « philosophie » qui ne me correspondait plus. J’ai donc associé ça « aux gens ».

Par la suite j’ai aussi compris que ce n’était pas tellement les « gens » que je ne supportais pas mais plutôt le comportement de certains.

Une profonde envie

J’avais (et j’ai toujours) une profonde envie de contribuer à ce que j’appelle un demain plus durable. Un monde vivable pour toutes et tous. On peut aussi vivre sans saccager… Bref… autre sujet dont ce n’est pas l’objet ici.

Quand je dis « toutes et tous », je ne parle pas que de l’humain. À ce moment-là, je ne parle même pas de l’humain en fait.

Je ne voulais pas « faire du social ».

Dans cette réflexion et cette exploration on m’a à plusieurs reprises fait remarquer que j’arrivais, sans vraiment m’en apercevoir à avoir une bonne lecture de certaines personnes. Que j’arrivais à comprendre les non-dits etc.

J’arrivais par exemple à mettre en lumière les vraies questions, les incohérences et confronter quand il fallait confronter. Mais sans forcer, sans brutaliser.

Cette approche que je ne conscientisais pas permettait en réalité de faire avancer les personnes avec qui je discutais.

Etant donné que ce sont des personnes plutôt proches qui me disent ça (dont Brigitte justement), je prends note, je laisse dans un coin et voilà.

En réalité c’est le côté hypersensible qui était à l’œuvre et qui permettait de percevoir les nuances.

J’ai vraiment été touché, un véritable pincement, quand quelqu’un d’autre m’a dit : en fait tu pourrais accompagner les hypersensibles. Une de mes carapaces s’est fissurée. Ça m’a touché d’imaginer aider les personnes qui sont en incompréhension de leur fonctionnement mais qui pourtant ont tellement à apporter.

J’ouvre une petite parenthèse : ça rejoignait en plus une conviction qui était que « si les gens allaient mieux, la planète irait mieux ». J’ai l’idéal de croire, d’espérer, que si les gens allaient mieux, ils auraient plus de respect pour eux et donc pour ce qui les entoure. En mettant en lumière leurs stratégies de compensation et de fuite, ils reviendraient vers l’essentiel. Fin de parenthèse…

Donc je me cherche toujours et j’en discute avec le maître-nageur de la piscine où je vais habituellement. Ça nous arrive de discuter, il demande des nouvelles, je lui parle de cette activité, floue, d’accompagner les autres. Je ne m’attendais pas à la suite : il trouve ça ultra pertinent et trouve que ça fait sens. Je suis surpris.

Je ne me souviens plus des mots exacts mais c’était quelque chose du genre « tu es quelqu’un d’ouvert, avec qui on sait discuter. Tu essayes d’aider. C’est une activité qui te ressemble ! ».

Et BIM ! Carapace retouchée ! Je ne pensais pas du tout qu’on pouvait avoir cette vision de moi. J’avais plutôt l’impression qu’on me voyait comme un gars fermé, susceptible et pas très dispo pour les autres. En tous cas, pas quelqu’un dans la relation aux autres.

Personne que j’étais quand même un peu sur la fin en compta parce que j’étais en résistance ++, en lutte. Ce qui générait beaucoup beaucoup de colère (depuis longtemps).

Touché mais pas coulé

C’est grâce à ces déclics là qu’aujourd’hui je suis dans cette activité.

Je maintiens que je reste au service du vivant. Que j’ai envie que les choses changent. Donc oui, je travaille avec l’humain mais plutôt comme un moyen et pas forcément comme une finalité.

Je pense effectivement que beaucoup de personnes doivent être aidées. C’est juste que mon moteur à moi n’est pas précisément là. Ça ne m’empêche pourtant pas de travailler avec « les gens ».

J’ai d’ailleurs à cœur de comprendre les personnes que j’accompagne pour les débloquer, les remettre en mouvement de la manière la plus juste possible pour elles.

J’aime débloquer les gens dans leur volonté d’action et j’aime encore plus quand nous avons une philosophie similaire.

Si je résume :
➡ Le vivant, le changement est ma finalité
➡ L’objectif poursuivi est l’action
➡ Le levier pour y parvenir (le moyen) est l’humain.

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