Je suis coach et je n’aime pas ça

Le début

Avant de lancer mon activité, forcément j’y ai beaucoup réfléchi, ça ne s’est pas fait en 2 minutes.

Souvent il est conseillé d’écouter ce que les autres disent de vous, ce que vous faites naturellement. Bien évidemment, il faut voir ensuite si ça vous parle ou non pour poursuivre la réflexion.

De mon côté plusieurs personnes m’ont dit que naturellement :
✅ j’écoutais et aidais les autres à avancer
✅ je posais les bonnes questions
✅ je confronte quand c’est nécessaire
✅ je donne mon avis mais sans imposer
✅ je partage des pistes de réflexion et d’exploration
✅ j’aide à faire bouger les choses mais sans forcer

Je me suis dit « OK… mais je fais quoi avec ça… ? »

Une étiquette

À un moment donné il a bien fallu mettre une « étiquette » pour qu’on puisse me trouver. Ce qui s’en rapprochait le plus était le terme « coach ».

Pourtant le terme coaching ne m’évoque pas ce que je fais.

Aujourd’hui

Aujourd’hui quand on me demande ce que je fais je réponds que j’accompagne les personnes, entreprises à faire avancer leur projet comme par exemple passer de l’idée à l’action mais aussi gagner en efficacité et clarté. J’interviens aussi pour trouver des solutions claires et efficientes.

On me répond donc : tu fais du coaching.

Je réponds oui (et dans ma tête je me dit que je n’aime pas ça). Même si ça se décline également en consultance et formation.

Je vous explique pourquoi.

Quand j’entends coaching :
➡ j’entends quelqu’un qui pousse, qui motive
➡ je vois un coach sportif qui fixe des objectifs, qui demande de se dépasser
➡ j’ai la sensation d’une approche orientée performance

On m’a déjà dit « tu n’assumes pas le terme coach ». Mais ce n’est pas une question d’assumer ou pas. Un mot n’est pas l’autre et j’estime que ce n’est pas ma posture.

J’ai cherché du côté de la définition du terme « coach » pour voir si je comprenais un peu mieux mon malaise. Un coach est « un professionnel qui accompagne une personne pour l’aider à développer ses aptitudes, à atteindre ses objectifs ».

Je n’agis pas sur la motivation en elle-même ni directement sur les objectifs mais plutôt en débloquant la mécanique, en clarifiant le vrai problème. Autrement dit, j’agis plutôt sur la résolution de problèmes plutôt que sur l’atteinte des objectifs.

Pourquoi ? Parce que je pense qu’atteindre des objectifs sans travailler sur les problèmes, les incohérences, les flous : ça n’a pas de sens.

Je tiens à nuancer car en résolvant les problèmes, indirectement, on peut aussi contribuer aux objectifs.

Quant au côté performance que j’associe à « toujours faire plus », j’emploie le terme efficience (solution efficiente) dans une notion de faire mieux.

Mon moteur

C’est là que mon moteur s’enclenche :
➡ La compréhension
➡ L’analyse
➡ La logique
➡ La résolution de problème
➡ Les causes plutôt que les conséquences

Je cherche à comprendre « le système », les liens, les incohérences, les émotions, les contradictions, les angles morts.

Ce que je mets au service : rendre possible ce qui était impossible.

Système

Je parlais de système. Clarifions car ça fait partie de ma manière de travailler.

J’entends par système un ensemble d’éléments qui sont connectés entre eux, qui sont tous importants, qui interagissent et qui font fonctionner l’ensemble.

Par exemple (sans être exhaustif) dans un projet professionnel il y a
➡ les envies : ce qui vous anime
➡ les contraintes : ce avec quoi vous devez composer
➡ les critères : ce que vous voulez plutôt côté pratique : horaire, proximité géographique, type de client, …
➡ les besoins : dans la notion de ce qui doit être satisfait pour « survivre »

Ces différents éléments peuvent s’influencer mutuellement et pas toujours de manière très claire. C’est comme ça mais c’est ok.

Mon vrai rôle

Selon moi, le vrai risque n’est pas le blocage, l’immobilité mais plutôt la fausse progression. C’est par exemple l’illusion d’avancer alors que l’objectif poursuivi n’est pas celui qui est véritablement voulu (et parfois inconscient).

Je ne dis pas quoi faire, j’aide à décider en connaissance de cause.

Quand je parle d’efficacité c’est par exemple travailler le bon objectif. Tenter d’atteindre un objectif, s’il est mauvais, n’est pas une réussite mais un échec. C’est une perte de ressources : temps, énergie et potentiellement argent. C’est dommage.

C’est pourquoi mon rôle est aussi de tester la cohérence logique.

Je suis un peu comme un généraliste. Tout ne nécessite pas d’aller chez un spécialiste. Parfois il faut « simplement » remettre sur les bons rails, poser les bonnes questions. Et si besoin, ensuite, orienter vers le spécialiste / technicien.

Par exemple vous voulez lancer votre projet d’indépendant, vous savez que vous devez travailler le ciblage clientèle. Je ne suis pas la bonne personne ➡ C’est bien le spécialiste que vous devez aller voir.

Par contre si vous êtes dans le flou, avez des doutes, ne savez pas par où commencer, avez la sensation d’être inefficace, êtes surchargé ➡ je suis la bonne personne pour clarifier tout ça.

Du coup, coaching ou pas coaching ?

J’ai cherché d’autres termes.

Le facilitateur par exemple est celui qui permet à la personne d’identifier un problème et ensuite de le résoudre ➡ Je me reconnais dans cette philosophie.

Un catalyseur de changement est celui qui, par son intervention, permet un changement. ➡ là aussi je reconnais mon rôle.

Clarificateur décisionnel ? ➡ pareil. Ça correspond à mon rôle.

Mais dans la réalité personne ne cherche ces termes sur google. Coach devient donc un mot fonctionnel.

Au final ce qui importe n’est pas tant l’étiquette mais plutôt ce que je fais réellement.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas l’impression de faire du coaching à proprement parlé et c’est pour cette raison « que je n’aime pas ça ».

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